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Quand on pense banc public, on pense amoureux qui se bécotent et Georges Brassens. Sauf que là, ce n’est pas du tout ça. C’est un exercice d’improvisateur.rice qui porte ce doux nom.

 

Principe de base

Déjà, il nous faut un banc public. Ou un simili. Deux chaises (ou trois, si le budget de la troupe décolle) côte à côte suffiront à le simuler. Bien sûr, on les met sur le plateau (quoi qu’on puisse aussi faire cet exercice en extérieur un vrai banc public).

Il s’agit ensuite d’histoire de rencontres et de personnages. L’idée est simple : un personnage arrive, s’assied sur le banc. Pas besoin d’en faire des caisses, il s’agit là simplement de faire exister le moment et le personnage. Une vieille dame qui vient donner à manger aux pigeons, un ado qui lit un bouquin, une femme qui regarde passer les gens qui courent, un SDF qui vient faire une sieste… Peu importe comment vous faites émerger vos personnages, on fait juste exister cette instant (et s’il n’est pas obligatoire qu’il soit sans parole, c’est préférable).

Puis un second personnage entre en scène. Comme le premier, ce personnage pré-existe avant même la rencontre. Il a son propre chemin, ses propres envies, son propre caractère. Bien sûr, le premier personnage en scène peut remarquer l’arrivée du second. Ou pas. Encore une fois, l’exercice fonctionne sur un principe de réalité : si on en fait des caisses, la rencontre sera faussée, et autant ne rien faire. Pas de punch ici, rappelez-vous les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics. Cette séquence doit durer un poil, mais pas 5 minutes (sinon, ça bouffe tout l’atelier).

Puis, le personnage qui était là en premier sort. Ce n’est pas forcément un évènement. La sortie n’est pas forcément justifiée. On peut juste partir comme on est venu. Un troisième personnage rentre, et on répète la mécanique.

La dernière personne qui rentre sur le plateau rencontre l’avant-dernière personne, qui part. Puis, c’est la personne qui était rentrée en toute première qui revient pour la rencontrer. Cela peut être avec le même personnage qu’au début, pour boucler la boucle. Ou pas… Après tout c’est ton atelier, pas le nôtre 😉

 

Règles officielles de Caucus
  1. On trouve un banc public
    Ou on le crée. Trois chaises, un canapé, deux oreillers par terre… Tu te débrouilles.
  2. Un premier personnage rentre
    Il existe, seul. Pas d’évènement, pas de météorite qui vient pour détruire la Terre. Non. Juste un banc public.
  3. Un second personnage entre
    Sans forcément noter que quelqu’un est déjà là. Tu ne t’arrêtes pas tous les jours pour parler spontanément à tous les gens que tu rencontres dans le moindre parc ? Là, c’est pareil. Des fois ça arrive, des fois non.
  4. La première personne sort
    Elle dit au revoir, elle ne dit rien, elle pleure, elle rit… On fait en fonction de la scène, sans chercher à justifier quoi que ce soit. Ce départ est normal, spontané, vrai.
  5. Une troisième personne rentre
    Et rebelote.
  6. On boucle comme ça jusqu’à ce que la dernière personne rencontre la première
    Histoire que tout le monde ait profité de manière égale de l’exercice.
  7. On termine sur une jolie image
    Et pitié : pas de météorite !

 

Façons alternatives de jouer

Suivant l’atelier, ce que tu cherches à bosser, c’est bien sûr adaptable

  • Avec des personnages marqués
    On oublie le jeu vrai pour aller vers quelque chose de plus décalé et grossier, plus punchy donc. Cette fois, la consigne sur les personnages est complètement inverse : on vient avec un personnage très fort, éventuellement ayant déjà un objectif. On oublie Brassens, on passe en mode Avengers.
  • Avec des personnages imposés
    Si les comédien•ne•s débutent, ça peut avoir du sens de proposer des personnages sur des petits papiers pour aider un peu à libérer le jeu.

 

Intérêt en impro ?
  1. La rencontre
    C’est la base de tout, non ?
  2. Le jeu
    Qu’on le veuille marqué, léger, sincère… On travaille son jeu d’acteur•rice avec cet exercice.
  3. L’écoute
    Parce que si on reste centré seulement sur soi, tout l’exercice n’a aucun intérêt.

 

T’es plutôt team Brassens ou Avengers ?


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