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Jouer plusieurs fois la même impro, mais avec de moins en moins de temps : c’est le principe de base de la catégorie dégressive (aussi appelée peau de chagrin). On est dans la catégorie « à performance », un peu comme pourrait l’être une abécédaire ou une « encore !« , plus que dans une catégorie narrative/à construction.

 

La contrainte

Une improvisation démarre, tout ce qu’il y a de plus normale, pour une durée de généralement deux minutes. On peut étendre la durée de cette première impro, mais ça ne fera que rendre plus dur le travail des comédiens par la suite. En tant qu’arbitre, n’oublie pas non plus que les gens vont voir déjà trois ou quatre fois cette impro, inutile qu’elle prenne le tiers-temps !

Au bout des deux minutes, l’arbitre siffle la fin de l’impro puis demande aux joueurs de se remettre en place… Car ils vont la recommencer avec moins de temps ! Dès l’annonce, l’arbitre donne les durées des improvisations à venir : deux minutes, une minute, trente secondes et dix secondes (pour l’exemple le plus courant, qu’il peut modifier à sa guise).

Il s’agit donc de garder la même improvisation à chaque fois qu’on la rejoue, ce qui factuellement impossible puisqu’on a pas le temps nécessaire pour ça. On va donc devoir garder l’essence de l’impro : les entrées/sorties, les mouvements, les quelques répliques essentielles. Et jeter à la poubelle tout ce qui ne sert à rien, fait perdre du temps.

Attention cependant : souvent ce type d’impro se termine en gros bordel. Si c’est marrant pour les joueurs, l’intérêt pour le public est moindre. Quand ça fait trois fois d’affilée que tu vois juste des gens courir partout et hurler leurs phrases en faisant n’importe quoi, tu attends impatiemment l’impro suivante.

Pour éviter cela, n’hésite pas à ne conserver parfois qu’un mot choc dans une phrase. Le public a déjà vu l’impro, il a la référence. Cela évitera que ça braille !

 

Impro type

* Première improvisation  *
Comédienne 1 : Chérie, je ne retrouve plus ma tondeuse. Tu sais où je l’ai mise ?
* La comédienne 2 arrive avec une tondeuse *
Comédienne 2 : C’est moi qui l’avait mon cœur. Je me suis dit : c’est toujours toi qui tond le gazon, à mon tour pour une fois !
Comédienne 1 : Oh… Trop mignonne !
* Les deux comédiennes s’échangent un petit bisou *
Comédien 3 : Chères voisines, je me suis permis de rentrer, je ne retrouve plus mon chien. Vous l’auriez vu ?
Comédienne 2 : Oui je l’ai vu dans le jardin, juste avant de passer la tond… Oh mon dieu !
* Bla bla bla, rassurez-vous en réalité aucun chien n’a été maltraité dans cette impro. *

* Deuxième improvisation. Les comédiennes se remettent en place comme au début de la première impro *
Comédienne 1 : Chérie, ma tondeuse !
* La comédienne 2 arrive avec une tondeuse *
Comédienne 2 : C’est moi qui l’avait.
Comédienne 1 : Oh… Trop mignonne !
* Les deux comédiennes s’échangent un petit bisou *
Comédien 3 : Chères voisines, vous auriez vu mon chien ?
Comédienne 2 : Oui je l’ai vu dans le jardin… Oh mon dieu !
* Bla bla bla. *

* Troisième improvisation. Les comédiennes se remettent en place comme au début de la première impro *
Comédienne 1 : Tondeuse !
* La comédienne 2 arrive avec une tondeuse *
Comédienne 1 : Oh…
* Les deux comédiennes s’échangent un petit bisou *
Comédien 3 : Mon chien ?
Comédienne 2 : Oh mon dieu !
* Bla bla bla. *

[…]

Voilà, en gros, pour le principe de la catégorie dégressive. Après, sens-toi libre d’adapter à chaque nouvelle impro ton texte : le but est de raconter la même histoire de plus en plus vite. Alors soit tu parles très très vite mais c’est incompréhensible, soit tu trouves des alternatives !

 

Recette idéale

Spectacle privilégiéCabaret

Nombre de joueurs : illimité

Durée : 2 minutes / 1 minute / 30 secondes / 10 secondes

 

Pièges possibles
  • Le gros bordel
    Certes, ça fait rire. Certes, ça marchera souvent. Mais bon, quand c’est trop facile il faut toujours s’en méfier non ? La catégorie dégressive peut bien mieux fonctionner si on la voit comme une vraie performance que comme une catégorie à cabotinage.
  • Que les impros ne correspondent pas
    Le but est de voir la MÊME impro. Alors forcément, si tu oublies la moitié de l’intrigue, ça perd de son intérêt. Il faut investir le corps, faire des actions, des mouvements : le travail de la mémoire sera alors plus facile.
  • Être trop rapide, ou trop lent
    Quand on passe de deux minutes à une minute, il faut être deux fois plus rapide. Mais pas trop, sinon tu dois en rajouter à la fin et ce n’est plus la même histoire… Mais pas moins rapide non plus sinon tu n’arrives pas à la même chute. Le but est aussi d’être constant. Ne pas faire 45 secondes avec 90% de l’impro et 15 secondes en étirant la fin.

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