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Les pieds dans l’eau chlorée ou salée, et si on prenait deux minutes pour s’émerveiller devant ce monde que nous sommes entrain de bâtir ?

Avant que ça recommence (très bientôt)

Ça y est.
La saison est officiellement terminée.
Le dernier spectacle est fait.
La progr est (quasi) calée pour l’an prochain.
On peaufinera les détails en septembre.
En attendant, vacances d’improvisateur·rice bien méritées.

L’interminable chantier du présent.

A l’image d’une impro, ce microcosme dans lequel nous gravitons est en perpétuelle évolution. Ce qui était il y a 2 minutes n’est déjà plus, et personne ne pourra prédire ce qui sera dans 30 secondes. On peut juste être là, connecté·e·s à cet instant insaisissable qu’est le présent. Ce cadeau sacré !

Et là où la magie opère, c’est sur cette incroyable réalité : nous sommes tou·te·s batisseur·se·s de cette sphère illimitée. Parce que nous sommes, nous faisons partie, de fait, de ce système anarchique. Nous en sommes tou·te·s les co-constructeur·rice·s. A la vie comme à la scène, nous avons ce pouvoir de proposer, de developper des idées artistiques, de créer ensemble et d’avancer dans une Histoire de l’Impro inconnue alors à son commencement.

On ose, on élargit le champs des possibles.

On crée et on invente notre propre évolution interconnectée.

C’est acquis, il est devenu monnaie courante de créer son propre concept. Comme on écrit une pièce de théâtre, un scénario, on ose accoucher d’un spectacle d’impro qui nous est propre. Notre bébé. Sans surprise, il sera vulnérable à son premier jour. On sera pourtant si heureux·se de le présenter. Puis avec le temps, l’apprentissage et l’amour consacré à son élévation, voici qu’il deviendra plus solide, plus puissant, plus sûr de lui. Jusqu’à atteindre un âge d’autonomie où l’on sent bien que même nous , ses créateur·rice·s, nous avons perdu la maitrise sur son évolution. Et tant mieux !

Néanmoins, il n’y a pas que les concepts qui s’inventent. Il y a toutes ces organisations de lieux, de festivals uniques et forts de propositions permettant un partage de nos connaissances, de nos sensibilités et directions artistiques. Ce sont avant tous des rendez-vous humains, chargés du plaisir de fêter l’impro ensemble, des souvenirs créés, des occasions devenues des habitudes de partage de ces moments intenses, de fun, des instants magiques où nous sommes tou·te·s connecté·e·s simplement par l’amour, cette énergie puissante et créatrice, qu’on porte à cette pratique. Et parce que nous sommes tou·te·s amoureux·se d’elle, nous avons une joie immense a célébrer son existence. Elle est vecteur de discussions infinies, de plaisirs scéniques intenses, d’envies insatiables et d’idées en surproduction. Et parce qu’elle nous rassemble, on ne peut qu’avoir une gratitude immense pour ce qu’est l’improvisation théâtrale… Une véritable communauté avant d’être une pratique artistique. Parce que nous avons tou·te·s ce point commun.

Sa simple pratique nous fait appartenir automatiquement à ce monde abondant et riche.

C’est impressionnant de se dire que ce monde est ce que nous en faisons. Nous avons tou·te·s ce pouvoir d’y apporter notre pierre. D’y choisir notre rôle comme on choisi un métier, ou plus légèrement comme on choisi de jouer un personnage éphémère sur une impro de 30s. Encore une fois, à l’image d’une impro, notre milieu est composé de ce pouvoir de créer et de cette liberté d’existence et d’expression.

Nous y retrouvons ces artistes criant « Au secours », ou ces amuseurs de foule, ces coachs en management et ces maniaques du développement personnel, ces technicien·ne·s et leur outillages, ces théoricien·ne·s et leurs idéaux, ces expert·e·s de la presse et du business, ces pointures de la discipline ou ces SocialJusticeWarriors (liste d’étiquettes socioculturelles et interchangeables non exhaustive !). Une vraie sous-société complète, complémentaire et tellement vivante.

Liberté chérie !

C’est une chance incroyable d’y évoluer.

Une liberté extrême d’y jouer un rôle, son rôle. Sans aucun restriction, aucune pression. Pas de courant oppressant et castrateur. Un territoire, peuplé d’êtres humains, pourtant dépourvu de toute violence symbolique bourdieusienne.

Tout est à inventer et ce qui fut, n’existe déjà plus. Recommencer joyeusement, avancer confiant et curieux, expérimenté·e et novice à la fois.

Après tout, l’impro nous apprend à oser malgré les peurs et l’inconnu. En d’autres termes, à être courageux·se.

Paraitrait-il que « La liberté, c’est de ne pas avoir peur ». Du moins, c’est Nina Simone qui le dit.

Nous avons cette force et ce terrain de jeu infini, en perpétuelle construction.

Ça vaut bien de se poser 5 min, prendre du recul, et se dire que nous sommes de sacré·e·s veinard·e·s.

S’émerveiller et être reconnaissant·e pour ceci.

Acteur·rices responsables de cette communauté, nous la créons, sans même le vouloir et nous la faisons évoluer sans en avoir l’ambition.

Prendre cette chance pour acquise ne serait que se comporter en sales gosses pourris gâtés.

Y imposer sinueusement certains diktats serait très dangereux pour notre lâcher-prise collectif et notre épanouissement individuel. Comme la planète et la nature, l’impro n’appartient à personne.

Choyer cette pratique de la liberté, de la création et la protéger car elle vaut de l’or.

La célébrer la rend toujours plus magique.

Notre sphère n’est pas un monde vaste, elle est infini et en mouvement.

Pourvu qu’on ne la stabilise jamais, elle risquerait de rouiller.


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