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Il y a quelques jours, on te présentait Olivier Descargues. On a profité de notre partenariat sur son spectacle « Nous aimerons-nous ? » pour lui demander une interview exclusive.

Olivier, comment tu as mis le pied dans le monde de l’impro ?

J’ai découvert l’improvisation au Lycée à Trappes à la fin des années 80. Tous les ans, le lycée organisait des interclasses d’impro. Nous avions 20 heures de formation sur 1 ou 2 mois avec les comédiens de la LIF : Gil Galliot, Olivier Lecoq, etc. A l’époque, presque personne ne faisait d’improvisation en France : ce fut une révélation.

Je me suis inscrit dans un cours de théâtre dans la petite ville que j’habitais et j’ai intégré une équipe créée pour le premier championnat des Yvelines. Plus tard, nous avons créé la première équipe de Trappes et parallèlement j’ai commencé à intervenir dans les collèges. C’est là que j’ai découvert Jamel Debbouze, il avait alors 14 ans. Je lui ai donné des cours pendant 2 ou 3 ans, puis nous l’avons intégré à l’équipe junior ainsi que Sophia Aram ou Arnaud Joyet.

Être improvisateur, ça aide pour jouer au cinéma ?

Oui mais il faut faire attention. L’improvisation développe parfois des réflexes de jeu trop efficace, trop « expressif ». Il faut s’en méfier, surtout au cinéma. Mais bien utilisé, l’improvisation est très utile à l’acteur.

Jouer avec un texte ou sans texte, quelle différence selon toi ?

Lorsque je joue un texte, je me mets au service de l’auteur et du metteur en scène. Je cherche alors ma liberté dans un ensemble d’indications, de déplacements, d’intentions, etc. J’ai joué dans des mises en scène ou il n’y avait aucune place à l’improvisation, tout était hyper calé. La liberté était alors à chercher entre deux répliques, deux inflexions de voix. L’important c’est de recréer la vie chaque soir.

Lorsque j’improvise au contraire, je suis mon propre auteur, c’est extraordinaire de pouvoir écrire en direct. Mais je ne dois pas oublier l’acteur. L’improvisation demande un tel investissement, une telle énergie que parfois le jeu pourrait devenir grossier, je suis vigilant là dessus notamment avec les spectacles « Nous aimerons nous ? » ou « le Dîner ».

Quel est ton plus beau souvenir de spectacle improvisé ?

J’en ai beaucoup en 30 ans ! J’avoue que la finale de la coupe du Monde à l’Olympia en fait partie. Je joue aussi depuis deux ans dans les spectacles Münchausen, créé par Gwen Aduh : j’adore.

Côté formation, je garde également un très bon souvenir d’une nouvelle équipe que nous avions formé à la LIFI avec Taïra. Un groupe d’une richesse extraordinaire avec des gens comme Arnaurd Tsamere, Yann de Monterno, Leonor Confino, Miren Pradier, Olivier faliez pour ne citer qu’eux.

Entre match et concepts plus novateurs, ton coeur balance ?

Le match est selon moi un très bon spectacle de divertissement pour peu qu’il soit bien mis en scène et bien joué. J’aime l’énergie qu’il procure, son côté populaire et festif. J’ai joué récemment avec l’équipe de France, au Colisée de Roubaix devant 1600 spectateurs, c’était formidable. C’est entre le cirque et le théâtre. Les nouveaux « concepts » proposent autre chose, permettent de developper une sincérité dans le jeu, de creuser des personnages, construire des dramaturgies complexes, traiter des thèmes plus profondément. Nous avons eu une belle critique d’un spectateur de « Nous aimerons nous ? » : « On est sorti en se disant que, si ça n’avait pas été de l’impro, ça aurait été une très bonne pièce, très bien jouée. sauf qu’en plus c’est de l’impro. bravo. »

De quel improvisateur / improvisatrice on ne parle pas assez ?

Gil Galliot fut mon premier professeur d’improvisation puis mon professeur de théâtre. Je l’invite régulièrement à Versus, il est extraordinaire. Précis, cultivé, engagé, polyvalent. C’est aussi un très bon metteur et scène et comédien. Tout jeune improvisateur devrait le voir jouer au moins une fois dans sa vie.

Tu as joué dans « Le Dîner ». Que répondre à ceux qui louent la performance mais se posent la question de ce que ça raconte vraiment ?

Ah bon il y des gens qui disent ça ? Bien sûr, il y un côté performatif mais ce n’est pas ce que Joan Bellviure (le metteur en scène) recherche. Le Dîner s’inspire de films comme Festen ou d’auteurs comme Ibsen ou Tchekhov . Il y a un groupe qui se réunit, ce sont des amis ou une famille et ce soir là, la vérité va surgir faisant éclater le groupe ou provoquant un grand changement chez un des protagonistes. Nous allons toujours chercher un ou plusieurs grands thèmes : la vengeance, la libération, la jalousie, la volonté de changement, la culpabilité, l’injustice, etc.

Tu peux nous présenter ta dernière création, « nous aimerons-nous ? » ?

« Nous aimerons-nous ? » est un spectacle sur l’amour. Le décor est une chambre et la situation débute quelques instants après qu’un couple y ait fait l’amour. En préambule, nous choisissons avec le public qui est ce couple, depuis quand ils se connaissent, qui ils sont l’un pour l’autre, s’ils ont des enfants, où ils se trouvent, quelle heure il est… C’est la situation. Puis nous proposons au public de placer des « surprises » que nous découvriront au cours du jeu : une annonce à faire, un objet que nous allons découvrir, quelqu’un qui va téléphoner, un livre dont nous devrons improviser un passage, etc. Le public sait mais nous non. Ces éléments sont destinés à faire rebondir l’action et à nous déstabiliser.

Puis nous improvisons une heure environ une histoire d’amour.

D’où est venue l’envie de créer le spectacle ?

L’idée a commencé à germer pendant la période des attentats de Paris. Devant ce déferlement de haine, j’ai eu envie de parler d’amour, de désir, de tendresse. De ce qui nous lie plutôt que de ce qui nous éloigne. J’ai imaginé une situation « point de départ » dans laquelle les personnages et les acteurs seraient nus / vierges et où tout serait possible. Cela ne veux pas dire qu’il n’y pas de conflits dans les histoires que nous racontons mais nous parlons toujours de personnes qui s’aiment ou tentent de le faire. Et puis j’avais envie de travailler avec ma vieille comparse et amie Véronic Joly.

Quelle différence tu fais avec un spectacle comme « Le Dîner » ?

Dans le Diner, nous sommes 5 et les thèmes sont plus sociaux. Avec NAN [NDLR : Nous Aimerons-Nous ?], nous sommes plus dans l’intime. Ce qui est proche en revanche c’est la coexistence du drame et de l’humour car les deux spectacles sont généralement très drôles et aussi très forts émotionnellement !

Après ça, d’autres envies ?

En ce moment je me consacre surtout à NAN mais oui j’ai plein d’autres idées et envies.

 

Merci Olivier pour ces précieuses réponses à cette interview exclusive.

Et si tu veux découvrir son travail, sache que Caucus est partenaire d’une représentation exclusive de « Nous Aimerons-Nous ? » le 19 décembre 2017. Réserve-vite pour profiter des places à tarif très réduit !


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