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L’impro cherche toujours à évoluer. Et, comme à la télé, quand on n’a plus de nouvelle idée, on en recycle une vieille et on la mélange à une autre vieille idée pour en donner une nouvelle. En soi, pas de problème avec ça : ça fait des siècles qu’on n’invente plus rien. Tout a déjà été fait, en quelque sorte. Ce qui est dommage, c’est quand la vieille idée qu’on réactualise va à l’encontre du progressisme.

La guerre des sexes

Ouiiiiiii. La fameuse. La guerre des sexes. Ce qui nous tient depuis si longtemps. Parce que les hommes aiment les femmes, les femmes aiment les hommes, et que la haine est proche de l’amour (ou l’inverse). Bon, on oublie les hommes qui aiment les hommes et les femmes qui aiment les femmes, et les autres. Tout ça, ça fout le bordel.

Bref, semble-t-il qu’il y a un paquet de temps, on a remarqué que les femmes avaient des vagins et les hommes des zizis. Et on a dû se dire : mais du coup, c’est qui le plus fort ? Le vagin ou le zizi ? Et, sous forme de galéjade ou de vrai patriarcat qui fait bien mal, on oppose les deux sexes.

Encore une fois, il est où le problème ? On fait ça tout le temps, se catégoriser et s’affronter. Pour le fun ! Les vieux contre les jeunes. Les français contre les anglais. Les pros contre les amateurs. Mais, quand même… On a des limites, non ? Par exemple, as-tu déjà vu un match qui oppose :

  • – Les noirs contre les blancs
  • – Les QI < 100 aux QI > 140
  • – Les juifs contre les musulmans
  • – Les pauvres contres les riches

Hum… Pourquoi n’a-t-on jamais vu ça (et, en écrivant ces lignes, je prie pour que ça ne donne pas des idées à des producteurs…) ? Parce qu’on ne peut plus rire de rien en France ? Parce qu’on s’en fout ?

Pas sûr qu’on s’en foute. C’est juste qu’on a compris qu’il y avait des endroits où se catégoriser n’avait pas lieu d’être. Que diviser les gens en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion, c’est juste stupide. Au final, on ne fait qu’attiser une potentielle rivalité qui était déjà sous-jacente, et la victoire n’est alors pas juste fun : elle devient symbolique.

Tu veux savoir qui gagne ?

Quand tu vas voir un catch, un match d’improvisation ou une comédie de boulevard qui met en avant l’opposition entre femmes et hommes, on est sûrs que tu le fais sans mauvaise intention. Les clichés qu’on véhicule tous sur l’un ou l’autre des deux sexes sont ancrés en nous, qu’on le veuille en nous. Comme tous les autres clichés, d’ailleurs. Mais justement, le propre d’un humain, avec son libre-arbitre, n’est-il pas de se défaire de ce qu’on lui a foutu dans le crâne ?

Tu veux savoir qui gagne, dans le duel entre les femmes et les hommes ? Les producteurs•rices. Qui perd ? Les femmes.

Pourquoi ? Parce que dans un monde qui tente de devenir féministe et de prôner l’égalité femmes/hommes, continuer d’opposer les sexes comme s’il s’agissait d’un réel critère de comparaison entre un humain et un autre, c’est faire du conservatisme.

Bien sûr qu’on peut créer un spectacle sur la féminité. Un autre sur la masculinité. Bien sûr que chaque sexe a des spécificités qui lui sont propres et que les nier n’aurait aucun sens. Mais il y a une marge entre connaître, accepter, embrasser nos différences… Et les mettre en avant pour voir lequel des deux sexes en ressort le plus fort.

Et la solution, alors ?

On critique, on critique, mais pas l’ombre d’une solution jusque-là. Rassure-toi, on a une petite idée de comment éviter que ce genre de concepts continuent d’exister : n’y vas plus. Boude ces spectacles, par pitié. Explique aux producteurs que tu aimes leur travail, mais que simplement ce coup-ci ils ont merdé… On est dans un monde où le pouvoir majeur, c’est celui de la consommation. Donne ton argent à un spectacle plus progressiste. A un match paritaire dans lequel ce sont des groupes d’humains hétérogènes qui s’opposent, pas des sexes.

Il ne s’agit pas de faire la morale, de citer des noms, de dire qu’on est parfaits. Tu n’imagines pas le nombre de fois où, à la relecture de nos articles, on se rend compte qu’on a été sexistes sans même le vouloir. Il s’agit d’un travail collectif qui va prendre du temps, mais si chacun fait un petit effort, un nouveau monde est possible : un monde égalitaire.

 

Love.


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