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Le Cliffhanger, tu le trouves dans toutes les bonnes séries télévisées mais aussi au théâtre, au cinéma et dans tout ce qui peut avoir un scénario ou une histoire. Le Cliffhanger c’est l’art du suspens, au sens littéral : « personne suspendue à une falaise ». C’est arrêter le récit à un moment précis pour créer une attente de la part du spectateur.

 

Ce que l’improvisateur doit comprendre

Le Cliffhanger n’a pas forcément d’intérêt dans ce qu’on appelle le short form, à savoir les improvisations très courtes. Il faut un récit un minimum posé pour qu’il puisse avoir un intérêt. Les improvisations inférieures à 5 minutes pourront donc difficilement utiliser cette technique de jeu. Quoi que ?

L’idée est donc la suivante : tu as créé une histoire dans laquelle il y a plusieurs protagonistes. Disons quatre comédiens qui interprètent deux couples. Le premier couple est en train de jouer une scène dans laquelle un joueur va faire une annonce importante au second. Juste avant la grande révélation, à la seconde même où cette dernière allait être prononcée, on a une bascule et le second couple qui rentre en jeu. Le public ne veut plus qu’une seule chose : connaitre la suite de l’histoire du premier couple !

 

Exemples concrets
  • Un homme est sur une chaise électrique
    Il est en train de prononcer ses derniers mots. Alors qu’on sait que l’avocat du condamné attend une réponse à tout instant pour son amnistie, l’homme chargé de l’exécuter va activer l’interrupteur. On interrompt la scène.
  • Une sorcière essaie de réanimer un jeune homme mort
    Elle effectue ses incantations, mais rien ne fonctionne. Alors que tout est perdu, elle quitte la scène et ce dernier prend une grande inspiration et ouvre les yeux. On arrête la dessus.
  • Cinq personnes sont à genoux, face à un homme
    On sait que ce dernier va exécuter l’un d’entre eux. Il parle, crée la tension, donne les raisons de choisir l’un ou l’autre. Il choisi enfin, lève son arme et… on interrompt la scène.

 

Ce que voit le public

On ne peut pas utiliser le concept de Cliffhanger seul, il viendra forcément s’appuyer sur les concepts de bascules et éventuellement d’annonces. On va se servir de ces derniers pour couper à certains moments le récit, ce qui demande une grande lecture du jeu. En effet, pour que le suspens marche, il faut que ce soit un improvisateur extérieur à la scène qui vienne l’interrompre. Bien sûr, rien n’exclut que les joueurs actuellement sur la scène ne partent d’eux-même, mais c’est souvent complexe à réaliser et pas toujours très efficace.

L’idée est de créer une rupture nette, mais au bon moment. Si tu le fais un peu trop tôt, le suspens ne fonctionne pas car on a pas assez d’éléments. Si la tension dramatique n’est pas assez élevée dans la scène, alors le cliffhanger n’aura que peu d’impact. Il faut une scène forte, avec un enjeu énorme. Au moment pile de sa résolution, on coupe la scène. On peut aussi, dans certains cas, couper la scène juste après un élément qui va tout faire basculer (l’homme ressuscite, le téléphone sonne et on espère qu’il annonce la libération du détenu…).

Si c’est réussi, on devrait entendre la frustration du public. Attention cela dit, si tu fais ça il faudra montrer la suite. Hors de question que l’impro s’arrête sans avoir vu la résolution du cliffhanger !

 

Cool
  • Pour créer du suspens
    Si le public a envie de connaitre la suite de ton histoire, c’est que ça fonctionne. Il faut savoir lui donner ce qu’il veut, mais aussi le frustrer pour mieux le combler plus tard.
  • Pour laisser le temps de trouver mieux
    En improvisation, un autre aspect intéressant du cliffhanger est de se laisser quelques secondes pour trouver une super idée novatrice. En coupant juste avant un moment fort, on évite la solution « rapide qui nous vient » pour privilégier une piste plus aboutie.
  • Pour rythmer le spectacle
    Les ruptures, utilisées avec parcimonie, permettent de changer le rythme et donc de capter l’attention du spectateur.

 

Pas cool
  • Quand on a pas la fin
    Le suspens oui, mais le public va vouloir savoir ce qui s’est réellement passé. Sinon, c’est juste un effet sans intérêt pour se défausser de l’histoire.
  • Quand c’est trop léger
    Interrompre une scène alors qu’on va décider si on achète une boite de cassoulet ou un sachet de riz, non merci !
  • Quand on les multiplie
    Dans les séries américains, on a un mini-cliffhanger toutes les 12 minutes en moyenne et un plus important à la fin d’un épisode / de la saison. Il en faut, c’est sûr. Mais pas trop !
  • Quand ce n’est pas au bon moment
    Si la révélation a déjà été à moitié annoncée ou qu’on interrompt 3 minutes avant qu’elle soit faite, ce sera un gros flop !

 

Le Cliffhanger, une arme scénaristique redoutable. Tu l’as déjà utilisé ?


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