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Chères troupes rencontrées,
Chèr·e·s ancien·ne·s joueur·euse·s du GIT,

Chères personnes croisées un jour,

Si vous recevez ce mail c’est que nous nous sommes rencontré·e·s plus ou moins récemment, que vous avez fait partie du GIT il y a un moment ou croisé sa route il fût un temps.

L’année dernière nous avons exclu l’un de nos membres pour agressions sexuelles multiples. Potentiellement, lorsque nous nous sommes rencontré·e·s, l’avez vous croisé sur scène, en coulisses ou lors de soirées d’après match.

Récemment, une de nos joueuses a subi une agression sexuelle dans le cadre de la pratique de l’improvisation à l’extérieur. Le monde de l’improvisation n’échappe, en effet, pas à la société patriarcale et à la culture du viol. Nous y sommes sensibles et essayons de lutter au maximum.

Il nous est alors apparu indispensable de parler ne serait-ce que pour propager cette vigilance, mais aussi pour faire comprendre aux joueuses et joueurs que ces actes ne restent pas impunis, que les premières peuvent parler, être entendues, se sentir soutenues et qu’il ne s’agit pas là d’une fatalité.

Aussi, nous trouverions bénéfique, pour les troupes destinataires, que ce message soit transmis à vos membres. Plus le message se propagera plus la parole se libérera et plus nous évoluerons dans un cadre sain. En effet, au GIT, la parole s’est libérée après qu’un de nos membres soit témoin d’une agression et que plusieurs victimes aient ensuite recoupé leurs expériences.

Compte tenu du caractère répété des agressions de ce membre exclu, il est possible que vos joueuses en aient été victimes également. A ce titre, si l’une de vos membres avait besoin d’un soutien de quelque forme que ce soit de notre part, elle peut évidemment nous contacter via lebureaudugit@gmail.com ou via le messenger de notre page (les accès sont restreints et nous ne divulguerons aucun témoignage à quiconque sans accord).

Enfin, et toujours dans l’optique d’assainir nos pratiques, nous pouvons cibler certaines mécaniques propres à l’improvisation et les remettre en question : un baiser, un attouchement, … sous couvert de personnage ; le fait d’apprendre à accepter sans condition la proposition de l’autre ; le « show must go on » qui implique que rien n’est assez grave et qu’on réglera le problème plus tard (si on a le temps) ; jouer des clichés de genre et sexistes, …

L’affaire qui nous préoccupe ici relève de la culture du viol et du sexisme, mais l’improvisation peut véhiculer et développer d’autres types d’oppressions comme le racisme (catégorie avec accent, …), l’homophobie ou la transphobie (personnages et situations clichés, …) et la liste est loin d’être exhaustive.

Nous sommes aussi convaincu·e·s que vous rencontrez probablement les mêmes situations dans le cadre de vos pratiques et que certaines de vos troupes respectives et leurs membres sont engagé·e·s et agissent dans le cadre de l’impro pour lutter contre les discriminations et les oppressions.
Aussi, nous sommes tout à fait ouvert·e·s à échanger (sur les prises de décision, l’organisation de la vie associative, les entraînements engagés et déconstructeurs, …) pour se nourrir les uns des autres de nos expériences respectives.

Nous n’avons, certes, pas la prétention d’être des parangons de la pratique non oppressive de l’improvisation, ni ne sommes là pour donner des leçons ou pour pavaner, car nous ne sommes certainement pas complètement déconstruits et clean, mais si ce message peut poser une pierre à cet édifice nous en serons ravis. Nous espérons, par ce mail, permettre éventuellement d’engager des discussions dans vos troupes respectives et/ou avec nous et contribuer à révéler, dénoncer et combattre les oppressions notamment sexistes pour créer un cadre de pratique de l’improvisation théâtrale qui soit safe (sécurisant pour les moins anglophones d’entre nous) voire de faire de cette pratique un acte militant.

Bien à vous,

Le Bureau du GIT


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