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On se targue tous d’être improvisateurs mais il y a plein de moments où l’on écrit. Et si il y a écriture, qu’est-ce qui reste de l’improvisation ? Hein petit coquin ? Allez, on fait un effort sur ces points et on essaye de prendre le risque d’écrire toujours moins pour privilégier encore et toujours la spontanéité de l’improvisation :

  1. Le Caucus
    L’exemple le plus usuel d’écriture. On adore ce moment de communion dans l’équipe mais on pense qu’il serait bon d’arrêter de faire des caucus. Ou du moins, de se contenter de ce qui est vraiment nécessaire : qui rentre ? Et éventuellement en profiter pour se rebooster et se faire des blagues. Voilà.
  2. Durant la pause
    Qu’il s’agisse d’une mi-temps lors d’un triptyque ou d’un tiers-temps lors d’un match d’impro, on ne cesse de se faire des bilans, des retours, voir de se donner des idées. Quand l’arbitre coupe par exemple une impro trop longue et dit aux joueurs qu’ils vont la reprendre lors du prochain tiers-temps, 90% du temps tu peux être sûr que les joueurs vont parler de l’impro en question en coulisse. Et écrire, même si ce ne sont que des détails. En impro longue, quand on a une pause c’est pareil : « il faudrait que je rencontre ton personnage pour lui donner le parchemin que Murielle m’a filé comme ça je pourrais aller dans la prison sauver Gaëtan ». Tchao l’impro.
  3. Avant le spectacle
    En match, on décide souvent des catégories d’impro qu’on pourra sortir en comparé. Parfois même, on décide de canevas d’improvisations qui nous plairaient. Et parfois encore, on nous demande carrément de réfléchir à des personnages qu’on aurait envie de faire le soir venu. Mais si tu viens déjà avec ta malette toute prête de personnages, elle est où la rencontre ? Ce serait dire que quelle que soit la personne qui joue en face de toi, tu débutes tes improvisations toujours de la même manière ? Mais il te sert à quoi l’autre alors ?
  4. Sur le banc
    Le coach est souvent un spécialiste de l’écriture alors que ce n’est pas son rôle. Quand il te dit de monter sur scène pour aller jouer la mère parce que quelqu’un vient de crier « Maman » sur scène, ok ça passe. Car la volonté d’avoir une maman sur scène vient de la scène. Quand il te dit de monter pour aller faire un ouragan juste pour donner un nouvel enjeu, ça ne passe pas. Car l’écriture doit venir de la scène, pas du banc. On s’en fout des bonnes idées. Ce n’est pas un cours d’écriture de scénario, c’est de l’impro !
  5. En atelier
    Très souvent, en atelier, au lieu d’apprendre la mise en danger et à avoir confiance en ses partenaires pour pouvoir lâcher-prise tous ensemble et réellement improviser, on se crée des filets de sécurité. On apprend à maîtriser des catégories en se donnant des codes d’écriture. On apprend des canevas à ressortir à l’occasion, façon « on fait les objets dans le frigo » et limite tout le monde connaît déjà son personnage et sa partition en rentrant sur scène. On apprend à ne pas improviser. En fait, un atelier d’impro c’est fait pour former des comédiens, puis leur apprendre à jouer sans texte. Pas plus, pas moins.
  6. Au sein du concept
    Le Deus Ex Machina par exemple est un concept où une personne extérieure à la scène va influencer l’écriture. Difficile dès lors de parler d’improvisation. « Oui mais si c’est improvisé car le Deus lui-même ne sait pas ce qu’il va faire ». Ok. C’est un point de vue qui se tient. Mais on sait tous que c’est plus facile d’avoir des bonnes idées en étant extérieur à la scène que dedans : on peut se demander si ce n’est pas dommage d’avoir des aides venues de l’extérieur quand on improvise ? Combien de Deus ont toujours les mêmes réflexes ? Combien ont été formés à avoir des réflexes d’écriture d’ailleurs, qui deviennent alors des habitudes et coupent toute sensibilité à ce qui se passe VRAIMENT sur scène ?
  7. Sur scène
    C’est le plus grave : sur scène, on passe notre temps à écrire. A chercher à raconter des histoires. Alors que ce qui compte, c’est la rencontre. Après viendra l’histoire. Parce que tout le temps que tu passes à écrire sur scène, à ajouter un élément ou à dire une phrase pas parce qu’elle est juste dans la bouche de ton personnage mais parce que toi, improvisateur, tu trouves que ça ferait un bon apport à l’histoire… Et bien tout ce temps perdu c’est du temps que tu ne passes pas en communion avec ton partenaire. Imagine un danseur. Pense à de la danse improvisée. Si tu fais ta partition tout seul à quoi bon ? La danse née de la rencontre entre deux corps. Il ne s’agit pas d’une rencontre entre deux idées pré-établies qu’on aurait déterminé avant de fouler la scène mais d’une vraie découverte à deux. Qui parfois ne marche pas du tout et ne prend pas. C’est ça qui est beau. L’impro, ça doit merder. Souvent.

Et toi, à quels moments tu écris ? Tu t’en rends compte ?


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