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Le décor, en impro, c’est très souvent quelque chose qui n’existe pas. La méthode du Scene Painting nous permet de palier à ce problème de manière efficace en partageant une vision claire du décor fictif.

 

Ce que l’improvisateur doit comprendre

La méthode du Scene Painting consiste à réellement expliquer au public comment est construit le décor invisible qu’il a sous les yeux. C’est à priori à la charge d’un•e seul•e comédien•ne de nous faire cette description. On pourrait imaginer la faire à plusieurs mais ça n’a pas réellement d’intérêt si ce n’est de rendre la chose plus complexe et confuse.

Pour construire le décor, il est préférable de le faire autour d’un personnage déjà en action, ou du moins, « dans le décor ». On attend donc que la première personne se soit placée avant de peindre la scène et les éléments qui l’entourent. Libre au Scene Painter de décrire ce qu’il veut : mobilier, costumes, bruit de fond

Pour résumer, ça se passe souvent comme cela : une personne entre en scène, se place et commence à jouer. On peut très bien avoir deux comédien•ne•s en place ou plus, ça fonctionne également. Le tout, c’est qu’ils soient dans un décor indéterminé (sinon, ça ne sert plus à rien de le décrire). Puis, le Scene Painter va rentrer en avant scène, si possible en donnant un code clair aux comédiens pour leur spécifier qu’il ne s’agit pas d’une bascule mais bien d’un Scene Painting. Souvent, il suffit de dire « Pause » (nos amis anglophones employant le terme « Freeze »).

Quand le Scene Painter s’en va, l’impro reprend normalement mais dans le respect du décor imposé. Inutile de se forcer à trop jouer avec le décor. C’est un cadeau qu’on te fait, mais tu n’es pas obligé d’en abuser.

 

Exemples concrets
  • Un personnage, seul au milieu de la scène qui regarde horrifié autour de lui
    Au début de la scène, on ne voit qu’une personne apeurée sans comprendre pourquoi. Le Scene Painter arrive et va pouvoir décrire le lieu sordide dans lequel il se trouve, avec le maximum de détails affreux.
  • Une femme et un homme, face à face à 5 mètres de distance
    L’une et l’autre se hurlent de s’avancer pour se rejoindre, mais on ne comprend pas réellement ce qui peut bien les séparer. Le Scene Painter intervient et nous décrit le gouffre immense qu’il y a entre eux et la difficulté extrême qu’ils auront à pouvoir se serrer de nouveau dans les bras.
  • Une jeune fille, assise face à un ordinateur
    Elle est morose, mais impossible de savoir pourquoi pour le moment. Le Scene Painter intervient et nous décrit sa chambre : les murs sombres, les volets fermés, la très faible lumière d’une lampe de bureau posée au sol…

 

Ce que voit le public

Il s’agit justement via cette technique de faire voir au public la même chose qu’aux acteurs. En décrivant le lieu, on développe un imaginaire commun avec lequel on va pouvoir jouer. Dès le début de l’impro, on pose l’ensemble du décor qui nous sera utile de manière propre et assumée.

C’est un outil formidable, à utiliser avec parcimonie bien sûr, qui peut enrichir réellement une scène et lui offrir d’avantage de crédibilité et de finesse.

 

Cool
  • Pour avoir un décor plus abouti
    Marre d’avoir toujours une fausse table dans toutes tes impros et des meubles approximatifs dont personne ne sait réellement ce qu’ils sont ? Le Scene Painting corrige tout ça.
  • Pour éviter la confusion
    Parfois, ne pas savoir où l’on joue peut être vraiment handicapant. Et ce n’est pas toujours facile pour un personnage en plein dans une action de décrire son décor. Voilà qui permet de l’aider.
  • Pour donner de la profondeur à une impro
    Une belle impro qui a démarrée il y a plusieurs minutes peut gagner en puissance simplement en rajoutant quelques éléments sur le décor qui nous entoure.

 

Pas cool
  • Quand c’est hésitant
    Si tu viens pour peindre le décor, fais-le bien. Prends ton temps si besoin, pose-toi, mais évite la description un peu rapide et hasardeuse qui embrouille plus qu’autre chose.
  • Quand c’est trop générique
    Si c’est une chambre que tu décris, ne nous dis pas juste où se trouve le lit. Donne du détail : une étagère avec des figurines dénichées dans des brocantes, un journal intime caché sous le matelas…
  • Quand c’est cliché
    Tous les bureaux ne se ressemblent pas. Tous les restaurants non plus. Si c’est pour nous décrire un stéréotype, ça ne sert à rien : on partage tous les mêmes clichés. Il faut offrir autre chose que ce qui est communément attendu !
  • Quand c’est trop long
    Tu es au service de l’impro, pas le personnage principal !

 

Le Scene Painting, tu as déjà essayé ? Ça a donné quoi ?


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