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On n’aime pas les gourous chez Caucus et pourtant aujourd’hui on veut te parler d’une théorie à nous qu’on appelle la théorie de Spiderman. On pourrait la résumer en une phrase : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Le rapport avec l’impro ? On te l’explique !

 

Un grand pouvoir

L’improvisateur est avant tout un comédien. Si quelqu’un te dit le contraire : « je suis improvisateur, pas comédien », tu as deux choix :

  1. L’assassiner. C’est efficace mais un peu radical
  2. Lui prouver qu’il a tort par l’absurde : si un improvisateur n’est pas comédien, dans ce cas-là on peut dire qu’un guitariste n’est pas musicien. Comme si on n’avait pas besoin de connaître les bases du solfège pour improviser en musique… De la même manière, sans base de comédie pas d’improvisateur !

Bref, l’improvisateur est un comédien. Il se présente donc régulièrement face à un public. Ce public est en situation de passivité, d’écoute. Il est là pour toi. Il te regarde. Il t’observe. Il est attentif, ou pas, mais en tout cas il est venu à la base avec la volonté d’entendre ce que tu as à lui dire.

Alors toi, forcément, tu ne peux pas arriver les mains dans les poches et ne pas avoir conscience de ça : tu as un pouvoir de dingue. Poutine et Obama peuvent aller se rhabiller, face à une audience tu as bien plus d’impact qu’eux, on te promet.

 

La théorie de Spiderman

Du coup, l’idée simple qui nous est venue, c’est de se dire que ce grand pouvoir qu’on a quand on monte sur scène, il ne peut pas être sans une certaine responsabilité. Et BIM, on retombe sur la célèbre citation de Spiderman.

Alors bien sûr, tu peux toujours te dire « mais moi je rejette cette responsabilité, je viens juste sur scène pour le fun ». Ok, on peut juste assouvir un ego-trip et se dire qu’après tout on prend notre shoot d’amour auprès du public à chaque représentation et ça suffit… Mais combien de temps ? On veut dire, combien de temps un comédien peut-il rester seulement centrer sur lui-même et ne jamais chercher à porter une parole forte ?

Puisqu’on te donne l’opportunité folle d’être entendu et qu’on sait qu’au fond de toi tu as forcément des valeurs fortes, auxquelles tu crois, pourquoi ne pas en faire ton étendard ?

Depuis tout temps, le théâtre sert à faire passer des idées, il est la catharsis de la société, le centre de la pensée, de l’ouverture au monde. Qu’il soit reflet d’une société pourrie ou au contraire objet féérique destiné à nous donner envie de nous élever vers un monde meilleur, le théâtre est toujours quelque chose qui nous dépasse tous.

 

Le défaut d’implication

Tout ça pour en venir à ce point qui nous étonne toujours et nous rend parfois un peu en colère contre certaines improvisateurs : le défaut d’implication. Tu as un énorme pouvoir, tu as donc des responsabilités. Or, en ne t’impliquant pas à fond dans la scène, dans le personnage, tu réduis tout à peu de choses. Tu montres que tu joues, que tout ça n’est finalement qu’une arnaque et tu « démolis » le théâtre.

Prenons un peu de recul. On ne veut pas être moralisateur et on n’a aucune sorte de grande règle absolue : la méta-impro, l’ironie, le second degré ne reflètent pas forcément un je-m’en-foutisme. Mais à la seule condition que même dans ces cas le comédien soit impliqué à 100%.

On est toujours surprit quand on voit des comédiens qui ne suent pas, qui ne portent pas la voix, qui ne pleurent pas, qui ne rient pas. C’est toujours étrange de voir un comédien monter sur scène comme il pourrait aller acheter son pain. En impro, parfois, on monte sur scène sans pression, sans implication.

Tu peux ne pas être stressé, mais c’est dommage si tu ne réalises pas la chance que tu as : ton pouvoir est énorme. Il est plus grand que toi. Il te dépasse. Continue à t’éclater à improviser mais prends juste conscience un minimum de ta responsabilité. Vois-toi comme un parent : avoir des enfants ne t’empêche pas de t’éclater, mais tu ne peux pas faire comme s’ils n’existaient pas. Tu es responsable d’eux.

Alors quand tu joue, s’il-te-plaît donne-toi à fond. Même si c’est pour faire rire. Même si c’est pour ne rien dire. Fais-le à 100%, donne corps et âme à ton art. Tu n’en prendras pas moins de plaisir, tu en deviendras plus grand, plus beau, plus impactant.

 

En bref, n’oublions jamais la théorie de Spiderman : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.


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